En bref
- Le process mining reconstitue le déroulement réel des processus à partir des journaux d’événements des systèmes.
- Trois informations suffisent pour commencer : un identifiant de dossier, une activité et un horodatage.
- Sur SAP, les processus Order-to-Cash et Procure-to-Pay offrent les gains les plus rapides.
- Un pilote de quatre à huit semaines sur un processus prioritaire suffit à chiffrer le potentiel.
Chaque commande, livraison ou facture laisse une trace dans SAP. Le process mining exploite ces traces pour montrer comment les processus se déroulent vraiment, et non comment ils ont été dessinés. Les écarts, les goulets d’étranglement et les retouches deviennent visibles, mesurables et donc traitables.
Le principe : partir des journaux d’événements
Le manifeste du process mining, publié en 2011 par le groupe de travail de l’IEEE consacré à la discipline, la définit comme l’extraction de connaissances à partir des journaux d’événements des systèmes d’information, pour découvrir, contrôler et améliorer les processus réels. Chaque événement se rapporte à un dossier et à une activité, et les événements sont ordonnés dans le temps.
- La découverte produit un modèle du processus à partir des seules données.
- La vérification de conformité compare le processus réel au modèle cible.
- L’amélioration enrichit le modèle avec les délais, les volumes et les ressources observés.
Quelles données extraire de SAP
Pour un processus de vente, on reconstitue le dossier à partir des documents de vente, de livraison et de facturation, reliés par leurs flux de documents. Pour les achats, on part des commandes, des entrées de marchandises et des factures fournisseurs. Les documents de modification de SAP ajoutent les changements de prix, de quantité ou de date, souvent révélateurs de retouches. Un connecteur dédié évite de reconstruire ces liens à la main.
Deux cas d’usage qui paient vite
| Processus | Ce que l’on mesure | Gains typiques |
|---|---|---|
| Order-to-Cash | Délais de livraison, blocages crédit, modifications de commande, délai d’encaissement | Livraisons à l’heure, trésorerie, satisfaction client |
| Procure-to-Pay | Commandes créées après la facture, paiements en retard, escomptes perdus, écarts de prix | Respect des contrats, escomptes récupérés, moins de litiges |
SAP Signavio Process Intelligence
La solution de SAP transforme les données des systèmes en analyses exploitables, avec des connecteurs vers SAP et des accélérateurs prêts à l’emploi pour les processus courants. Elle s’articule avec la modélisation BPMN 2.0 de SAP Signavio, ce qui permet de comparer directement le processus réel au processus cible. Gartner la classe parmi les Leaders de son Magic Quadrant du process mining en 2025.
Les pièges à éviter
- Des horodatages incomplets : une date sans heure suffit à fausser l’ordre des étapes d’une même journée.
- Des dossiers mal reliés : sans le flux de documents SAP, une livraison partielle ou une facture groupée brouille l’analyse.
- Trop de variantes à la fois : mieux vaut se concentrer sur les plus fréquentes et les plus coûteuses.
- Une analyse sans les métiers : les causes d’un écart se comprennent avec ceux qui exécutent le processus.
Notre démarche en quatre étapes
- Choisir un processus prioritaire et trois à cinq indicateurs partagés avec les métiers.
- Extraire quelques mois de données et vérifier leur qualité, en particulier les horodatages.
- Analyser les variantes et les causes des écarts avec les responsables du processus.
- Chiffrer les gains, lancer les actions et suivre les indicateurs dans la durée.
Questions fréquentes
Quelle différence avec un outil de BI ?
Un outil de BI agrège des indicateurs, comme un délai moyen ou un volume de commandes. Le process mining reconstitue l’enchaînement des étapes de chaque dossier : il montre par où passent les commandes en retard, quelles variantes coûtent le plus et où se situent les retouches, ce qu’un tableau de bord seul ne révèle pas.
Le process mining est-il compatible avec le RGPD ?
Oui, avec quelques précautions. Les noms des utilisateurs SAP peuvent être pseudonymisés dès l’extraction, l’accès aux analyses est restreint par rôle et la finalité est documentée. L’objectif est d’améliorer les processus, pas de surveiller les personnes : cette règle doit être posée avec les représentants du personnel.
Combien de temps faut-il pour obtenir des résultats ?
Les premiers constats arrivent en général en quatre à huit semaines sur un processus prioritaire, extraction et préparation des données comprises. Les connecteurs et accélérateurs de SAP Signavio raccourcissent cette phase. Les gains financiers, eux, dépendent de la mise en œuvre des actions décidées avec les métiers.
Pour aller plus loin
- Process Mining et SAP Signavio avec InTenz
- SAP Signavio ou Celonis : quel outil de process mining choisir ?
- Parler de vos processus avec un consultant
